Authors
Jean-Pierre Cahier,
Title
Big Data ou Web des expériences ?
In
Séminaire "Big data, open data et sciences sociales" - Nouvelles méthodes d’intelligence dans la compréhension des phénomènes et enjeux pour l’entreprise, pour les territoires et pour l’action publique, Université de technologie de Compiègne, 19-22 janvier 2015
Year
2015
Indexed by
Abstract
Dans leur profusion, les informations et autres faits présentés comme « objectifs » sont appréhendés par des technologies en développement rapide (Web des données, Big Data…), caractéristiques d’un Web de « ressources » sur le fondement desquelles subsistent bien des questionnements. En particulier quand on considère les territoires physiques, partagés par une pluralité de communautés et d’acteurs, on doit s’interroger sur les moyens de développer efficacement une autre perspective qui serait celle d’un Web des expériences . Ce qui est alors en jeu est le partage d’expériences humaines avec toute leur dimension d’indéterminé, de conscience réflexive et préréflexive, de subjectivité et d’intersubjectivité. Cette approche part des pratiques situées des acteurs, ces derniers mobilisant dans leurs activités ou leurs récits des objets hypothétiques, encore en discussion ou susceptibles de points de vue multiples. Le Web des expériences ambitionne de permettre aux acteurs d‘exposer aussi ces items problématiques et les attributs qui leur sont liés. Cette approche est déjà possible en utilisant l’infrastructure et les protocoles techniques du Web actuel. De premières illustrations en sont fournies par des applications de formation, de capitalisation de retour d’expérience, certains jeux sérieux ou « espaces augmentés » de partage d’expérience sur des territoires, dont il existe déjà de multiples exemples. La base de la proposition que nous faisons est une conception de l’expérience utilisée notamment en ergonomie, qui inclut les pratiques situées des acteurs et dont le cadre est celui de situations réelles, complexes et collectives. Une fois mis en évidence des éléments d’expérience d’une situation (par exemple, par des narrations croisées..), comment les traduire dans des dispositifs aux formats du Web qui respectent la richesse de ces expériences, où même servent d’amplificateur cognitif, culturel, esthétique, pédagogique, etc., à cette richesse ? Prendre au sérieux la notion d’expérience dans toutes ses dimensions, implique d’intégrer dans la réflexion les aspects phénoménologique et sémiotique. Il s’agit alors de chercher à spécifier le Web, avec des modèles de type socio-sémantique, pour qu’il supporte la collecte auprès des acteurs, voire l’inscription fine par ceux-ci, d’éléments d’expérience créés, vécus ou revécus dans le cours de leurs activités. Loin d’accentuer les effets de pléthore actuelle des données, cette approche valorisant l’expérience apparait, dans les situations complexes qui nous entourent, comme un moyen simple de réduire la désorientation liée à l’excès d’information, de réintroduire du sens, de faire ressortir les signaux faibles et de rendre plus lisibles ces situations.
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