Authors
Eddie Soulier,
Title
Storytelling, gouvernance participative et agencements sociotechniques
In
Conférence MONEITHS (MOndes Numériques : Expérimentation et Innovation Technologique pour l'Humain et la Société), Organisée par l'Institut des Sciences de l'Homme
Year
2014
Publisher's URL
https://www.ish-lyon.cnrs.fr/evenements/storytelling
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Abstract
Le tournant herméneutique puis constructiviste des sciences humaines et sociales dans les années 80, après des décennies de fonctionnalisme et de structuralisme, a placé l’action et la médiation symbolique au coeur des représentations de l’homme et du système social. La structure symbolique de l’action est devenue l’objet de l’interactionnisme symbolique, de la sociologie phénoménologique, de l’ethnométhodologie et analyse de conversation, alors que le rôle des objets prenait une importance centrale dans la psychologie de l’activité, la cognition distribuée ou la sociologie des sciences et des techniques. La dimension de signification de l’action et le rôle de la médiation symbolique orientent le regard sur l’intersubjectivité, le processus culturel donnant forme à l’expérience et le récit comme artefact de cette médiation. Le narrative turn illustre le regain d’intérêt pour la question de la compréhension, de l’interprétation et du récit dans les disciplines (histoire, sociologie, psychologie, ethnographie, droit, médecine…). Ce mouvement touche les sciences de gestion avec les travaux de Karl Weick sur la communication narrative et le sensemaking. Ce tournant interprétatif est à l’origine du développement des méthodes qualitatives et ethnographiques, et des outils tels que l’enquête vidéo-ethnographique. La construction collective de sens par les récits renouvelle la question du pouvoir et la construction de la vérité à travers l’étude des controverses sociotechniques. Les forums hybrides associant savants, experts, professionnels de la politique ou citoyens nous poussent à conceptualiser ce mouvement de mise en réseau de récits, d’actions et d’objets comme agencement dont la gouvernance ne peut être que participative et progressive. Dans ce contexte quel est l’apport des technologies de l’information ? Peut-on passer du traitement de l’information au traitement de la signification ? Saurait-on mesurer le sens créé au sein de ces agencements ? La web intelligence est-elle une discipline à même d’offrir une théorie du sens ?
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